« Communisme 21 » restituera prochainement l’intégralité des travaux des journées de réflexion des 4 et 5 avril.
Elles ont confirmé le besoin d’une discussion particulièrement approfondie, dans tout le parti, dès maintenant et jusqu’au Congrès de décembre.
Avec une double exigence :
Aucune question ne doit être minorée ou, pis encore, considérée comme déjà réglée. C’est le cas, par exemple, pour le parti. Nous sommes tous communistes, membres également du parti et tous préoccupés, inquiets de sa situation actuelle et de son avenir. Prétendre la question déjà « tranchée » parce que la grande majorité d’entre nous tient au parti et à son autonomie, ce serait vouloir clore le débat avant même qu’il ait débuté par l’affirmation – et chacun sent bien que « ça ne tient pas la route » - qu’il n’y aurait rien à entreprendre. Ce serait confondre « attachement » et « aveuglement » ; ce serait ignorer que les communistes, précisément parce qu’ils tiennent à leur parti, ont pour lui des ambitions, des projets. Il faut en discuter.
Et dans un même mouvement, la discussion dans le parti doit être loyalement nourrie, notamment des contributions proposées, parfois depuis longtemps, par de nombreux camarades, individuellement ou collectivement.
Tout appelle par conséquent un débat « cartes sur tables » plutôt qu’étroitement encadré, ou détourné vers des questions qui ne peuvent venir qu’à leur heure, après un travail collectif sur le fond. Ainsi des directions, et en particulier de la première responsabilité, celle de secrétaire national(e) du parti. Franchement, le problème majeur aujourd’hui est-il « qui va diriger le parti après le Congrès ? » ? N’est-ce pas bien davantage « Y aura-t-il un parti du communisme du 21e siècle en France ? » ?
Au demeurant, les récentes élections ont montré que des camarades, des secrétaires fédéraux, des élus on su prendre des initiatives, obtenir des résultats, dans un contexte toujours difficile, et parfois en s’affranchissant de ce qui leur était recommandé.
Nous étions un certain nombre à proposer, en juin dernier, que le Congrès extraordinaire alors prévu en décembre 2007 (et finalement remplacé par une assemblée générale nationale) permette effectivement un débat « cartes sur table », n’excluant à priori aucune opinion, aucune proposition pour les soumettre, tout au contraire, à la réflexion et à la critique des communistes.
Du reste, l’assemblée générale a, après de vifs débats, délibéré en ce sens. Il faut respecter scrupuleusement sa décision.
Le communisme, le parti, sa stratégie et son projet : tout doit être amplement et longuement débattu. Alors une direction pluraliste pourra être élue par le Congrès avec la mission d’engager le parti dans un processus de transformation répondant aux attentes et aux espoirs des communistes.
Nous maintenons cette proposition. Elle peut contribuer à donner vraiment sa chance à l’indispensable effort que doivent accomplir les communistes et à leur unité. C’est, nous semble-t-il, la condition pour avoir un congrès qui n’écarte personne. Car il est indispensable, face aux défis à relever, que tous se retrouvent pleinement dans sa préparation.
Michel Maso